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Bonjour. Pourrais-tu te présenter pour commencer?
Je m’appelle Damien Foechterlé, j’ai 23 ans et je suis étudiant à l’école des mines de St Etienne, cycle ISMEA (Ingénieurs Spécialisés en Microélectronique et Applications).

Quelle est ta spécialité?
Je suis actuellement en fin de deuxième année et donc pas encore spécialisé, mais je le serais dès l’an prochain. J’ai choisis l’option conception de systèmes informatiques.

Quel est ton travail au LIAMA?
Dans le cadre de mon stage de deuxième année je dois élaborer puis tester un algorithme de jointure dans un réseau distribué. Pour expliquer rapidement le principe disons que l’on a un réseau de capteurs sans fil qui contiennent chacun des données. Suite à une requête de jointure on a des données de deux types différents que l’on nomme “alice” et “bob”. Tous les objets de type “alice” doivent rencontrer tous les objets de type “bob” et réciproquement. Mon travail est de développer un algorithme permettant de réaliser cette action en optimisant le transfert de données dans le réseau dans un temps de calcul tolérable et de le tester.

Pourquoi avoir choisi de faire ton stage en Chine et au LIAMA?
J’étais attiré par la Chine et la culture chinoise, j’ai fait du chinois pendant un an avant de partir. Quand est venu le moment de chercher un stage j’ai donc pensé à partir en Chine. Je suis alors allé voir mon professeur de chinois pour lui demander si elle connaissait des endroits susceptibles de m’accueillir. Comme elle faisait régulièrement des traductions pour l’INRIA elle connaissait le LIAMA et m’a conseillé d’aller faire un tour sur leur site internet. C’est ce que j’ai fait.

Quelle était la durée de ton stage?
Je suis resté 4 mois et demi à Pékin. Je suis arrivé à Pékin le 13 mars et j’ai commencé à travailler le 15. Je repars le 5 août pour la France avec un petit crochet par Stockholm où je vais étudier à la rentrée.

Comment as-tu fait ta demande de stage?
Je suis allé sur le site du LIAMA comme me l’avait conseillé mon professeur de chinois. J’y ai consulté les offres de stage et j’ai répondu à celle qui m’intéressait. J’ai envoyé ma candidature par mail au secrétariat du LIAMA qui m’a redirigé vers Stéphane Grumbach qui est le directeur de recherche du projet auquel je participe. J’ai ensuite été informé que ma candidature était acceptée et je me suis préparé à partir pour Pékin.

Comment se sont passés tes premiers jours à Pékin?
Pour ma première journée à Pékin j’étais sans bagages parce que quelqu’un les a embarqué par erreur à l’aéroport et je ne les ai récupérées que 3 jours plus tard. Comme du coup je n’avais pas grand chose à installer dans ma chambre je me suis rendu directement au LIAMA pour me présenter et voir un peu comment mon stage se déroulerait. Je suis ensuite allé à la résidence, fatigué du décalage horaire et de l’incompréhension mutuelle qui régnait entre les Chinois et moi (il m’a fallut 1h30 d’efforts pour réussir à acheter une carte téléphonique...).

Passés les débuts difficiles à quoi ressemble la vie a Pékin?
Ça se passe plutôt bien : les Chinois sont vraiment très sympathiques et serviables, ils font tout pour t’aider même s’ils ne savent pas ce que tu veux et que tu ne comprends absolument rien à ce qu’ils disent. Pour rentrer du LIAMA le premier jour je devais prendre le bus 915 mais je ne le trouvais pas. J’ai réussi tant bien que mal à expliquer mon problème à un Chinois qui ne savait pas plus que moi où se trouvait le bus 915 mais il est resté un bon quart d’heure avec moi pour tenter de trouver et de m’expliquer comment faire alors même que je ne comprenais absolument pas ce qu’il me disait. Les gens sont en général très ouverts et ont souvent l’air content de croiser des laowai. Une expérience un peu douloureuse m’a ainsi permis de profiter de la gentillesse des Chinois. Lors d’un week-end j’étais allé faire du vélo dans la montagne derrière la colline parfumée. En descendant je me suis un peu laissé emporté par la vitesse et une bosse (très) mal placée m’a fait faire un magnifique vol plané… Malheureusement la réception a été un peu moins belle et je suis tombé sur le sol tête la première. Un groupe de touristes chinois s’est alors précipité pour m’aider : ils m’ont amené jusqu’à leurs voitures où ils ont nettoyé mes écorchures à grands renforts d’eau et de serviettes. Ils ont insisté pour m’amener à l’hôpital mais j’ai réussi (non sans mal) à les convaincre que tout allait bien. En tout cas si vous contez faire des cascades ratées à vélo Pékin est l’endroit idéal ! Un autre aspect très agréable à Pékin c’est le fait que la nourriture est vraiment très bon marché. On peut sans problème manger au restaurant tous les soirs. Les Pékinois eux-mêmes font rarement à manger chez eux. Par contre attention à ne pas partir manger trop tard si l’on ne veut pas trouver porte close. Les rues restent animées assez tard le soir mais les Chinois mangent tôt, à partir de 18h, et 21h est à peu près l’heure limite si l’on veut trouver une table sans difficulté. A Pékin le dépaysement est immédiat ne serait-ce que par le gigantisme de la ville. En Chine tout est plus grand : Lyon est une petite ville à leurs yeux et Aix-en-Provence (ville où je résidais en France) est un village à leur échelle. Le dépaysement est présent aussi dans les contrastes offerts par la capitale : en quelques pas on passe de la pauvreté des quartiers populaires, rendus encore plus misérables par les destructions massives en prévision des Jeux Olympiques, à la richesse des grands buildings flambant neufs.

Revenons maintenant à l’aspect professionnel de ton stage : que peux-tu dire à propos du LIAMA et de ce que ton stage t’a apporté?
Mon stage au LIAMA m’a donné un très bon aperçu du monde de la recherche et ce dans une ambiance de travail très agréable. De plus la pluridisciplinarité qui règne au LIAMA m’a permis d’apprendre dans des domaines plus éloignés de mon travail. J’ai également pu suivre tous les aspects d’un même projet et pas uniquement le champ sur lequel je travaillais, ce qui offre des perspectives élargies sur une même question. Le LIAMA est également riche des différentes cultures qui s’y rencontrent. Ces différentes cultures permettent différents points de vue, ce qui est à mon sens très utile dans le domaine de la recherche.

Pour finir peux-tu faire un bilan de ton séjour à Pékin sur un plan un peu plus personnel?
Mon stage à Pékin m’a appris à vivre dans un pays étranger totalement différent de la France. Le dépaysement y est évidemment beaucoup plus fort que lorsque l’on part étudier dans un pays européen ou même aux Etats-Unis. Les difficultés que j’ai pu parfois rencontrer en début de séjour m’ont permis d’acquérir une plus grande autonomie. Mon séjour en Chine m’a permis d’approcher une culture très différente de la mienne. J’ai également pu voir un peu comment fonctionne la Chine dont on parle tellement aujourd’hui. Contrairement à mon objectif initial je n’ai pas appris le Chinois (un peu par paresse je dois bien l’avouer) mais je ne désespère pas de poursuivre mon apprentissage de retour en France. Ainsi un éventuel retour en Chine sera plus facile. Je conseille à tous les étudiants qui envisage de partir en Chine de sauter le pas : la découverte d’un continent aussi différent de l’Europe que l’est l’Asie est un plus incontestable. Pékin est une ville où la vie est plutôt facile pour les étudiants notamment en raison des prix relativement bas (et incroyablement bas si l’on compare avec la France). Enfin la connaissance de la Chine sera, j’en suis sûr, un avantage incontestable dans le futur.


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